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L'Intelligence Artificielle

J'entends beaucoup parler des dangers de l'IA, de milliers de musiques qu'elles pourraient créer en un laps de temps très court...
Mais une machine ne produit que par imitation. Elle utilise ce qui existe déjà de toutes les manières possibles.
L'Intelligence Artificielle n'est donc un danger que pour ceux qui n'ont pas d'intelligence naturelle et qui utilisent toujours les mêmes recettes pour fabriquer des musiques facilement commercialisables.
Le vrai musicien ne craint pas l'IA si il sort des sentiers battus. Pas plus que le violoniste, le clarinettiste ou le trompettiste qui ne se contente pas de jouer comme ses prédécesseurs une oeuvre interprétée déjà des milliers de fois.
L'IA ne jouera jamais comme Heifetz, Lipatti ou Goodman car personne n'avait joué comme eux avant.
J'entends beaucoup de ces musiques qui, pour être populaires, utilisent des recettes qui étaient déjà dépassées au temps de Mozart. Des pseudo/exotiques sur le mode majeur et au rythme du second régiment d'infanterie.
Sans compter les innombrables interprétations de Chopin qui souffrent mal la comparaison avec ce qu'ont réalisé Rubinstein ou Pollini. Ou ceux qui veulent égaler Cahuzac, Guy Danguin, Sabine Meyer ou Martin Fröst dans le concerto pour clarinette de Mozart.
L'Intelligence Artificielle n'est pas un danger pour la création musicale. Le manque d'originalité des compositeurs et des interprètes, par contre, fera d'elle une proie idéale.
La stratégie, si on peut dire, de l’IA, n’est pas neuve. Dès leur création, dans les années 80, les logiciels d’écriture musicale traitaient des échantillons de sons pour les restituer dans l’ordre décidé par leurs utilisateurs.
Dans ces mêmes années, les travaux de Teuvo Kohonen, chercheur et informaticien finlandais, ouvraient la voie à des générateurs de musique de Bach en utilisant ses motifs et schémas musicaux caractéristiques. Peut créer des musiques de films ou compléter la 10° symphonie de Beethoven à partir d’esquisses de son auteur de la même manière que Remo Giazzoto a «composé» l’Adagio d’Albinoni à partir de fragments de la partition trouvés dans les ruines de Dresde.
Encore une fois, l’IA ne crée pas, elle imite et complète à partir de règles établies. Si un musicien utilise des données aléatoires, au gré de son intelligence naturelle, l’IA sera vaincue.

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Par Henri

Ecrit le 06/09/2024 à 16:38

"Réponse à Line :
Oui, l'IA peut créer un "à la manière de", de la même manière qu'un étudiant en musique en s'inspirant de mon utilisation polyphonique des ragas et gardant mes intervalles de prédilection. Par contre, elle ne pourra jamais imiter le caractère aléatoire d'une interprétation, le rubato, tel que je le préconise."

Par Line

Ecrit le 08/06/2024 à 21:26

"Henri et si l'IA arrive à copier un de tes morceaux, ça peut arriver non ?"

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